Wednesday, April 06, 2005

Les Obsèques de la Lionne

Dans ce poème, il me semble que La Fontaine emploie le travestissement animal autrement dans cette fable que dans les Animaux malades de la peste, où il l’utilise pour établir un type d’hiérarchie (les forts (tigre/ours), les flatteurs (renard), les gauches (âne)), bien qu’il dans les deux poèmes, il utilise les animaux comme une manière de créer une monde assez fictif pour que les courtisans ne s’offensent pas de sa satire. Dans Les Obsèques de la Lionne, il se sert du travestissement animal pour dévaluer et déshumaniser (littéralement !) la cour en entier, parce qu’il ne fait pas beaucoup de distinctions ou descriptions des animaux différents, mais il parle de comportement bestial en comparaison de l’opinion que la cour veut avoir d’elle-même.
Comme dans les autres fables de La Fontaine, il associe le roi au Lion, mais dès la première description de Lion dans ce poème, il semble fort peu royal ; il s’abandonne aux cris comme un enfant et comme s’il n’a pas de sang-froid. Les Courtisans sont aussi associés à une qualité très basse des animaux, le rugissement, ceci est très différent que l’idée de supériorité de la langue de la cour qui Vaugelas propose. De plus, (je ne sais pas si La Fontaine nécessairement avait les mêmes idées de Vaugelas, mais il me semble possible qu’il ait une connaissance d’idées de Vaugelas) La Fontaine, en décrivant la cour, utilise le mot peuple, qui selon Vaugelas signifies des gens bas, peut-être bêtes.
Dans sa définition de cour, il décrit les gens de cour comme caméléon et singe, pour représenter leur habitude d’imitation et adaptation, mais par utiliser des animaux, et surtout les animaux pas trop noble, il démontre son opinion (négatif) de ce type de flatterie intéressé. La Fontaine décrit aussi les courtisans comme s’ils sont vidés de volonté, il sont seulement des « simples ressorts » d’une autre volonté. De plus, selon sa description, ils n’ont pas d’esprit (ce mot peut-être signifie dans ce poème l’intelligence, la facilité avec les mots (wit), ou l’âme tout à la fois, aussi le mot anime renforce la dernier interprétation parce qu’il vient du mot latin pour l’âme), donc encore une fois il déshumanise les gens de cour. Mais, on assume que le seul esprit et volonté qui anime les courtisans est celui de Lion (la Fontaine souligne cette idée aussi quand il décrit le roi qui ordre les autres, comme les prévôts et les loups de faire les choses pour lui, donc ils sont un type d’extension de son volonté), donc, cela implique peut-être que le roi a un potentiel d’être «humain». Mais, le Lion ne montre pas beaucoup de son potentiel dans ce poème, bien qu’il démontre qu’il a une bonne opinion de lui-même et de la cour. Par exemple, le Lion emploie le mot « sacrés » de décrire lui-même et la cour, et il fait une distinction entre le cerf et lui-même et la cour: le cerf est « profane » parce qu’il n’est pas un caméléon ou singe comme des autres gens qui vont à les obsèques. Mais, le cerf intelligent, se sert de la même idée de sacré/profane qui donne un sentiment de supériorité au roi et à la cour pour détourner le roi de le tuer. Il décrit qu’il a rencontré la Lionne morte et elle lui dit qu’elle est aux «Champs Elysiens», et il la décrit comme «saint» pour plaire le roi. Quand il joue le rôle que le roi veut de lui, et quand il situe le roi (en parlant de sa femme) dans le rôle que celui-ci veut pour lui-même, il est loué. Donc, La Fontaine montre que il ne faut pas craindre le Lion qui, on prétend, a une colère terrible, parce qu’on peut aisément apaiser sa colère par «d’agréables mensonges». Il montre comment il est facile de manipuler un roi quand il aime la flatterie. A la fin de la fable, il donne la « morale » de la fable mais elle est une morale ironique. Au niveau apparent, il semble de parler au gens comme le cerf, et de leurs préconiser de duper les roi, parce que cette démarche et facile, mais en vérité, je pense qu’il directe sa morale au roi; il se moque de lui, cela est sûr, mais peut-être pour exciter la colère terrible de roi, contre les courtisans, et peut-être contre lui-même pour avoir été si bête, parce qu’il est la seule personne dans la court qui, selon ce poème, peut avoir une chance d’être humain, donc La Fontaine veut qu’il prenne cette opportunité.

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